Le parler vrai...
07/05/2014 15:44 par yvonlouvain
Le 8 mai 1945, était mis fin au conflit le plus meurtrier de l'histoire humaine. Parti d'Europe à cause d'un fou, il embrasa le monde entier. Dès lors félicitons-nous du grand pardon qui eut lieu avec la création de l'Union européenne. Et ne ménageons pas nos efforts pour conforter et protéger celle-ci contre ceux qui veulent la détruire.
Il arrive souvent que par crainte d'un désordre public avec la venue de contre-manifestants, des maires annulent les réunions publiques du Front national prévues dans leur ville. Je ne partage pas du tout les idées du FN, n'adhère en rien à son projet de gouvernement qui mènerait le pays au chaos, mais tant qu'il n'est pas interdit par les instances républicaines, qu'il participe normalement aux consultations électorales, il a le droit, comme tout autre parti, de s'exprimer en tout lieu et et en toutes circonstances. Les contre-manifestants qui veulent interdire ses réunions publiques contreviennent gravement à mon sens à un principe inaliénable de notre démocratie: la liberté d'expression tant qu'elle reste dans le cadre de nos valeurs républicaines. Dans le cas contraire, c'est à la justice de sanctionner. Vouloir éliminer un adversaire de cette façon est indigne d'une démocratie.
François Hollande est passé maître dans l'art de la dissimulation, de l'enfumage et du mensonge. A écouter ses discours dispensés d'un ton gentillet, pleins d'un apparent bon sens, de souhaits vertueux, on peut se laisser prendre et lui accorder le Bon Dieu sans confession. Mais son comportement, ses agissements en tant que plus haut responsable ne laissent planer aucun doute. On entend partout que François Hollande a perdu le contact avec les Français. Comment pourrait-il l'avoir perdu puisqu'il ne l'a jamais eu. Il a été élu en 2012 par défaut, grâce à l'antisarkozysme.
Tous les observateurs patentés s'accordent pour affirmer que J.J. Bourdin, sur BFMTV, n'a fait aucune concession à son interlocuteur lors de leur entretien. C'est en partie vrai, mais en partie seulement. Fidèle à sa renommée, le journaliste a, certes, posé des questions dérangeantes mais n'a repris aucune des réponses pourtant truffées de contre-vérités et de mensonges. comme par exemple quand le président affirme avoir toujours parlé de l'ampleur de la crise, à commencer lors de la campagne présidentielle. Faux! Rappelons-nous son discours hurlé sur les estrades: "Le problème de la France, ce n'est pas la crise économique, c'est Sarkozy!" Nous avons eu tout loisir par la suite d'en juger.
Un lecteur de mon quotidien affirme que le président de la République doit enfin dire la vérité aux Français et où il mène le pays. Comment voulez-vous qu'il dise où il mène le pays puisqu'il n'en sait rien lui-même. Beaucoup de citoyens, eux, le savent: droit dans le mur! Les déclarations d'intention, les incantations ne suffisent pas pour gérer les affaires d'un pays comme la France. Tout le monde n'a pas le socialisme chevillé au corps au point de nier l'évidence d'une catastrophe annoncée.
François Hollande affirme qu'il n'a rien à perdre: tant mieux pour lui. Les Français, en revanche, ont déjà beaucoup perdu depuis deux ans et continueront de perdre dans les années qui viennent. N' en déplaise à la presse partisane qui croit toujours au miracle socialiste avec, à la baguette magique, François Hollande. Dans un sens, c'est vrai que notre président n'a rien à perdre: il a déjà tout perdu en popularité et en crédibilité.
Nos soldats ont beaucoup de mérite à accomplir leurs missions en Afrique car l'intendance est loin de suivre. Leur équipement est dramatiquement incomplet et inadapté. Ils manquent en effet de tout: sac de couchage, treillis, chaussettes, rangers etc..Qu'ils se procurent dans des surplus de l'armée et à leurs frais. Le président "moi je..." peut se vanter d'intervenir au nom de la France généreuse dans des conflits étrangers tout en envoyant au feu, par la grâce des coupes budgétaires, quasiment des sans-culottes.
François Hollande n'a toujours rien compris au film. Aucune véritable autocritique ou presque. Il apparaît comme toujours très sûr de lui et joue avec les mots pour justifier son inaction passée. Il dit que les Français sont de nature passimiste et demande, en réponse aux sondages désastreux, à n'être jugé qu'à la fin de son quinquennat. Ainsi les Français qui souffrent depuis deux ans à cause de sa politique doivent attendre encore trois ans pour manifester leur mécontentement! Puis toujours des annonces, des promesses qu'il ne pourra pas tenir vu l'état actuel du pays qui souffre de l'absence de véritables réformes structurelles. Dans ce pays où les économies qui devraient être réalisées sont remplacées par de nouveaux impôts. Le président rappelle les promesses tenues comme par exemple le "mariage pour tous". Magnifique loi qui divise profondément les Français. Nous naviguons dans un déni de réalité dramatique pour la France et les Français. Les trois années qui viennent, tellement montées en épingle pour un renouveau flamboyant, seront identiques sur le fond aux deux précédentes. Et la France continuera de s'enfoncer dans la pauvreté.
François Hollande enfonce des portes ouvertes: la France est un grand pays, dit-il. Quel Français en doute? Seulement il faut à la France, pour garder sa place et son aura dans le monde, un grand président. Elle en a connu dans le passé.
Une question se pose à propos de François Hollande: Comment voulez-vous qu'un énarque, de plus issu d'une famille très aisée, puisse mesurer les difficultés d'une famille dans la précarité? L'énarchie représente déjà en elle-même un handicap sérieux pour ses ressortissants en ne les formant, en fait, que pour la haute fonction publique, si en plus elle se double d'aisance matérielle, c'est carrément foutu! Aussi me semble-t-il nécessaire de réfléchir un minimum avant d'élire un énarque. Car c'est pour cinq ans, et cinq ans c'est long, très long quand on est dans le caca, quand on se demande si demain on aura assez de sous pour acheter sa baguette de pain ou pour ne pas être délogé de son appartement.