Le Messie...
08/04/2014 08:47 par yvonlouvain
Comme je le disais à propos de Manuel Valls, c'est l'overdose dans les médias qui consacrent tout leur temps à déifier son image. Bientôt nous saurons la couleur de ses chaussettes: rose les jours pairs, bleue les jours impairs. Attendu comme le nouveau Messie, la déception risque d'être à la hauteur des espérances. Allons-nous assister à un nouvel enterrement de première classe comme celui de J.M. Ayrault? Ce monde est vraiment impitoyable!
Il y a deux jours Manuel Valls récoltait 41 % d'opinions positives, Aujourd'hui 56%, soit un bond de 15%. Fichtre! Dans le même temps, François Hollande passe de 21% à 27%, soit 6 % de mieux. Mais qu'ont-ils donc fait ces deux messieurs en si peu de temps pour mériter un tel engouement? Le savez-vous? Personnellement je l'ignore. Mais si ce sondage exprime la réalité, nous sommes en droit de penser que les Français ressemblent à des girouettes. Il semble que François Hollande profite de la popularité du Premier ministre. Alors il a bien fait de le nommer. Assis sur son trône, "pépère" peut se laisser bercer et pousser un roupillon. Attention quand même, le trône peut se transformer en siège éjectable. Avec les Français on ne sait jamais. Nous pouvons en outre douter de la fiabilité d'un sondage commandé par le Nouvel Obs' récemment racheté par le Monde, deux médias qui ont annoncé depuis longtemps la couleur...à gauche. En attendant, nous sommes abreuvés des moindres faits et gestes de Manuel Valls. C'est l'overdose sur les chaînes de télé et à la radio. A mon avis, le voilà transformé en homme providentiel dont on attend des miracles. Une nouvelle déception après celle d'un président de la République peu compétent et plutôt dilettante?
Je confesse que l'image de l'article "la confiance" est très, très osée et pas forcément de bon goût. Que les âmes sensibles veuillent bien m'excuser de ce choix pas vraiment catholique si elles le peuvent....
Quand la confiance est perdue, on se défie de tout et on n'adhère à rien et parfois même on accorde du crédit aux discours des charlatans. Manuel Valls peut peaufiner sa méthode et sa com', il devra avant tout reconquérir la confiance des Français. Et ce ne sera pas simple. Nos concitoyens ne supportent plus les mensonges et les promesses en l'air. Comme par exemple l'affirmation que 9 Français sur 10 ne subiraient pas une aggravation de leur imposition. Nous avons pu en mesurer la réalité. Comme la promesse d'inverser la courbe du chômage avant fin 2013, alors qu'il progesse chaque mois pour battre des records. La réussite de Manuel Valls ne se mesurera pas à sa méthode, donc à la forme, mais à sa capacité à réduire le chômage et les impôts. Les Français, se sentant étranglés, ne demandent pas autre chose. Or, le Premier ministre gère les affaires du pays en fonction du canevas établi par le président de la République. Le cap choisi par ce dernier est-il le meilleur pour sortir la France de l'ornière? A voir les résultats déjà enregistrés, nous avons toutes les raisons d'en douter. "Le socialisme, ça ne marche pas", avait dit Giscard en son temps. Nous sommes nombreux aujourd'hui à le penser. Nous apprenons qu'un sondage relatif aux élections européennes place le FN devant le PS. Une chute spectaculaire de ce dernier dont nous ne devons pas nous réjouir quand, en balance, prospèrent les extrêmes. L'échec induboitable de François Hollande est lourd de responsabilité.
Le mot communication est devenu le crédo des gens avisés, politiques, journalistes, observateurs. A-t-il une bonne communication? Oui, sa communication est excellente. Sans communication point de salut. Vous pouvez faire une politique qui conduise le pays à la ruine, si vous avez une "bonne communation", c'est-à-dire si vous l'expliquez au peuple (ignare!), on vous collera l'étiquette de très bon gestionnaire. Manuel Valls est un excellent communiquant et de ce fait, pour beaucoup d'éminents "spécialistes" sa réussite est assurée. Un peu vite dit. Pour les Français la seule réussite qui vaille est celle qui améliore leurs conditions de vie. Ce n'est pas le cas dans l'immédiat, nous verrons dans les années qui viennent.
Quelques propos entendus de la bouche des ministres à la sortie de l'Elysée après le conseil des ministres: nous sommes maintenant un gouvernement de combat, plus dynamique, plus rassemblé, plus rapide, plus cohérent...Nous sommes concentrés (tout le monde n'est pas centré), affirme l'un avec une conviction qui force l'admiration. Bref, tous ces ministres ont travaillé au précédent gouvernement qui, selon eux maintenant était complètement nul. Ils offrent ainsi un enterrement de première classe à J.M. Ayrault. Mais que ce dernier ne se désole pas trop, il aura des occasions de bien se marrer. Nous aussi. Même si la situation est désastreuse, fendons-nous la pêche, cela réconforte et ça ne mange pas de pain.
Premier couac entre deux ministres, Fabius et Montebourg, pour la possession du portefeuille "commerce extérieur". Fabius assurait avoir l'accord de F. Hollande et Montebourg celui de M. Valls. Finalement, le"commerce extérieur échoit à L. Fabius. Victoire! Nous pouvons alors dire que F. Hollande a gagné le 1er round. S'agit-il d'une première confrontation entre le roi et son premier ministre? Peut-être. Hormis la méthode qui n'est pas forcément l'essentiel, nous savons que la politique suivie ne changera pas, M. Valls l'a confirmé en parlant de continuité. Il n'a d'ailleurs pas le choix: le maître d'oeuvre, c'est toujours François Hollande. Et les couacs subsisteront car ils sont surtout inhérents aux rivalités et celles-ci ne disparaîtront pas comme par enchantement. Rappelons que M. Valls ne soulève pas un enthousiasme général dans son propre camp. Il aura du fil à retordre avec certains de ses petits camarades.
Les autres pays européens ont les yeux fixés sur la France. Celle-ci se trouve dans l'obligation de demander, pour la troisième fois, un délai de grâce aux instances européennes pour la résorption de son déficit. Et à part ça, tout va très bien, Mme la marquise? Ne vous inquiétez pas, Manuel Valls va réglerle problème...Le pôvre. S'il n'y parvient pas, il pourra répéter à loisir, comme vient de le faire encore François Hollande, que tout ça est de la faute de l'héritage laissé par Sarkozy. Alors que depuis 2 ans le chômage a considérablement augmenté ainsi que les déficits. "Si le président croit vraiment cela, alors c'est grave", dit la journaliste Catherine Nay. En effet et il y a de quoi s'inquiéter.
Je rappelle à toutes fins utiles que je n'ai jamais noyé de chat de ma vie, il s'agit d'une plaisanterie de 1er avril. Heureusement pour ces petites bêtes et surtout pour moi.
Esseyons de présenter une hypothèse sur le comportement assez ambigu, Brouillé, incompréhensible du président de la République. Il s'est vu obligé, après le désastre des municipales, de procéder à un remaniement ministériel. Or il n'entrait pas, du moins dans l'immédiat, dans son programme. Il semble qu'il n'était pas très chaud de nommer Valls capable de lui faire de l'ombre. Cependant, il y a sûrement vu un avantage: Valls sera certainement candidat en 2017 et il vaut mieux l'avoir comme interlocuteur direct. François Hollande est obnubilé par sa réélection. Il fera tout pour atteindre cet objectif, cela explique qu'il temporise, gagne du temps, ménage, comme je l'ai dejà dit, la chèvre et le chou. Comment se débarrassera-t-il de Valls? Il a commencé en le nommant Premier ministre, ce qui n'est pas une sinécure. Puis il l'usera peu à peu aux yeux de l'opinion en lui mettant des bâtons dans les roues, en annulant ses initiatives, en le contredisant...Et Valls ne terminera pas le quinquennat. Mais ce n'est qu'une hypothèse.