L'héritage...
22/05/2013 21:31 par yvonlouvain
Chaque fois que l'on parle des résultats désastreux de la politique conduite par le gouvernement, ce dernier, avec une constance admirable, répond que la faute en revient à l'équipe précédente qui a laissé un héritage catastrophique. Si nous évoquons une situation qui s'aggrave, un chômage record, la France tombée en récession, une pression fiscale démente, les concitoyens qui quittent le pays, les entreprises qui mettent la clé sous la porte, la confiance en rideau, le déficit d'influence de notre pays en Europe et dans le monde malgré les coups de menton, une seule réponse: l'héritage!
Il est probable que si la ligne politique ne change pas, nous parlerons encore d'héritage en 2017, mais de celui laissé par le gouvernement actuel à son successeur, et un héritage autrement calamiteux.
Avec notre président chéri, de la promotion Voltaire, nous sommes dans le royaume de l'Enarchie là où gravitent des gens bardés de diplômes, de certitudes, comme tout haut fonctionnaire qui se respecte, et qui ne se sont jamais, de toute leur vie, sali les mains avec une pioche, une clé à molette, une truelle, une fourche à fumier, un plantoir etc..etc. Et, plus grave, qui ne connaissent l'entreprise qu'à travers leurs visites rapides, entourés de caméras et de journalistes complaisants.
Nous sommes sauvés!
Les socialistes n'en ont pas fini avec le sieur Cahuzac, même s'il a renoncé à se porter candidat à sa propre succession. Il donne des sueurs froides au gouvernement. Une commission parlementaire est diligentée et même si vraisemblablement elle n'apportera aucun éclairage sur l'affaire et les responsabilités de quelques-uns, passer sur le gril des interrogatoires n'est sans doute pas une partie de plaisir pour certains ministres.
Nous avons au moins une première certitude: même par la petite porte, Cahuzac reviendra en politique. Et une seconde: l'exécutif doit se mordre les doigts de l'avoir installé au gouvernement.
Je me souviens du philosophe français Vladimir Jankélévitch, auteur, entre autres, de "le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien", à qui, dans les années 70, Bernard Pivot demanda: " A quoi sert la philosophie?" " Mais à rien, strictement à rien...", répondit le philosophe.
Je trouvai alors admirable, formidable que l'on consacrât toute une vie à quelque chose qui ne servait strictement à rien.
Je supposai quand même que le cher homme n'en pensait pas un mot.
...pourquoi je préfère Audiard l'humoriste aux vrais philosophes tels que Aristote, Kant, Shopenhauer, Alain, Foucault etc...Tout simplement parce que je suis un primate. Je suis descendu de mon arbre le jour de la conférence de presse de notre Seigneur. Et là, croyez-moi, j'en ai pris un grand coup sur la cafetière: jamais je ne serai aussi intelligent!
Que puis-je tenter avec un Q.I de 9,5...( Réfractaires à l'humour, abstenez-vous de commenter...)
De bonnes âmes bien intentionnées assurent que seul un gouvernement d'union nationale permettrait de résoudre les graves difficultés de notre pays.
Comme je le dis, l'intention est louable, vertueuse, mais reste à l'état de voeu pieux, et je pense sincèrement que dans l'état actuel des choses c'est préférable.
Comment croire que gauche, droite, extrême-gauche, extrême-droite pourraient cohabiter en toute intelligence et définir une même ligne politique? Donner tout crédit à une telle chose, c'est ignorer l'importance des clivages en France et la dramatisation excessive de notre vie politique.
Imaginons Hollande, Copé, Mélenchon, le Pen, ou leurs suivants, dans un même gouvernement: ce serait un foutoir indescriptible, la ruine totale du pays et nous frôlerions la guerre civile. Et si on éliminait, par commodité politique, l'un ou plusieurs d'entre eux, ce ne serait plus un gouvernement d'union nationale.
Impossible n'est pas français? Mais si... Et la lucidité en politique s'avère primordiale pour autant qu'on la possède.
Comme je le disais l'autre jour à un pote: avec le printemps pourri que nous connaissons, la végétation a pris du retard, les fleurs répugnent à s'épanouir, seuls les c.ns fleurissent toujours à l'heure...
Je reviens sur la loi du mariage pour tous qui suscite toujours autant de controverses et de polémiques.
Le pouvoir affirme que cette loi a été votée conformément à notre démocratie par les parlementaires, représentants du peuple. Sans doute. Mais il me semble plus normal qu'en cas de réforme sociétale qui engage fortement tous les citoyens, le peuple ne donne pas mandat à ses représentants, mais soit lui-même consulté, démocratie directe, par voie référendaire.
J'ajoute que vouloir à toute force, sur d'infinis sujets, réformer la société me semble une attitude certainement pas frappée au coin du bon sens. La société évolue globalement seule, au fil du temps, des expériences, des événements, des acquis historiques. Elle se réforme elle-même, sans l'apport obligatoire de lois temporelles.
Un exemple de la mauvaise foi de la gauche.
Souvenez-vous:
Lorsque Nicolas Sarkozy faisait évacuer les camps de Roms, la gauche n'hésitait pas à parler de "rafles", terme tristement célèbre dans le contexte de la Shoah.
Quand le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, pratique exactement la même chose, il s'agit pour la gauche moralisatrice et bien-pensante d'une opération "humanitaire"...
Avez-vous entendu beaucoup de journalistes relever ce fait? Non, bien sûr. Beaucoup étaient trop contents de voir Nicolas Sarkozy une fois de plus cloué au pilori.
J'avais d'abord écrit, à l'article précédent: programmation médicalement assistée au lieu de, bien sûr, procréation...
C'est la "vieillerie", comme on dit chez nous. "La vieillesse est un naufrage", disait de Gaulle. Il avait encore raison.