Sûr comme deux et deux font quatre...
11/04/2013 21:11 par yvonlouvain
J'ai donc mis un terme à la pause, mais pour reprendre seulement un exercice à mi-temps, voire à tiers-temps. Comme vous l'avez sans doute remarqué, j'ai l'esprit de plus en plus embrumé, ce qui peut expliquer la faible fréquentation de ce blog. Le poids des ans, les amis, personne n'y échappe. Certains n'attendent même pas d'être septuagénaires pour montrer à quel point ils régressent. Je ne parle pas des membres du gouvernement....Quoique...
Comme François Hollande avec ses 3,7% de déficit, je me suis montré trop optimiste dans mes prévisions: ce n'est pas en caleçon que nous allons nous retrouver, mais à poil......Tel notre lointain ancêtre l'homo-sapiens.
Pour se sortir de l'affaire Cahuzac, c'est-à-dire pour ne pas répondre aux questions posées, à savoir si certains ministres avaient eu connaissance de la culpabilité de leur collègue ministre du budget et l'avaient peut-être couvert, le président de la République a trouvé la parade: l'installation d'un rideau de fumée en demandant aux ministres et aux parlementaires de publier leur patrimoine. Une haute autorité (alors qu'elle existe déjà) sera créée pour en vérifier l'authenticité et la validité.
Dangereuse démagogie!
Les Français sont connus pour ne pas aimer la richesse et nous allons sûrement assister à un voyeurisme accablant pour notre démocratie. Des comparaisons seront faites entre les différents patrimoines et naturellement les plus importants seront stigmatisés, montrés du doigt et accusés de n'avoir pas été acquis honnêtement.
Un gros patrimoine ne veut pas dire que son propriétaire est malhonnête comme le propriétaire d'un petit patrimoine n'est pas nécessairement un honnête homme.
Il serait plus intéressant de connaître le passé judiciaire de ces responsables et, le cas échéant, de savoir pour quels motifs ils ont été condamnés.
Tout cela s'avère une marmelade politicienne destinée à opérer une diversion et à camoufler les problèmes cruciaux de notre pays qui continue de s'enfoncer dans la crise.
Nous pouvons, certes non sans mal, réguler la finance, les marchés financiers, mais il s'avère impossible de réguler la bêtise humaine ( j'allais écrire un autre mot, plus fort, plus réaliste, mais vous l'aurez deviné).
Le président de la République et quelques ministres sont pris à partie: l'opposition ne les ménage pas. Comment se peut-il qu'à leur niveau et compte tenu des moyens dont ils disposent, ils aient pu ignorer jusqu'où allait le comportement délictueux de Cahuzac?
Selon des informateurs suisses, ce ne sont plus 600 000 euros ( et non 700 000) mais au bas mot quelque 15 millions qui auraient été mis illégalement à" gauche" par l'ex-cardiologue, l'ex-chirurgien esthétique devenu ( il est quand même exceptionnel!) un grand spécialiste de l'économie et des finances puis ministre délégué au budget.
Le président de la République espère s'en sortir, comme d'habitude par une pirouette. Il prépare, semble-t-il des mesures-chocs pour moraliser la vie politique...Ainsi tout rentrera dans l'ordre. Plus besoin de s'expliquer sur l'affaire Cahuzac.
Une difficulté surgit, on crée une commission. Un ministre ment au nez et à la barbe du pouvoir, on prépare une loi pour moraliser la vie politique.
Choc de compétitivité, choc de simplification, choc de moralisation...On va finir tout cabossés!
La meilleure: Cahuzac espère revenir siéger à l'Assemblée nationale en sa qualité de député. Selon les textes, il en a le droit. S'il revenait, ce serait grandiose les mardis et mercredis lors des séances "questions au gouvernement". Un spectacle à ne pas manquer.
Veuillez, s'il vous plaît, ne plus m'adresser de commentaires tant que ce blog sera en pause. Je vous en remercie vivement et à bientôt peut-être. Face aux événements, un peu de recul ne peut être que profitable. D'autant que, tout bien considéré, l'opinion d'un citoyen "normal" ne vaut pas tripette.
L'ex-ministre socialiste du budget, Jérôme Cahuzac, vient de passer aux aveux: contrairement à ce qu'il avait affirmé à plusieurs reprises il possède bien un compte illégal en Suisse chiffré à 700 000 euros. Il a donc menti. Mais je ne l'accablerai pas davantage et n'en dirai pas plus à ce sujet. Sinon que toute la classe politique, et non seulement la gauche, en prend un sérieux coup. Voilà en effet de quoi alimenter le populisme adepte du "tous pourris".
Maintenant, je vais me reposer, si, si, je vous assure...
Lors de sa prestation télévisée, François Hollande n'a pas cité une seule fois le nom de J.M. Ayrault. Celui-ci, bon prince, ne s'en offusque pas. Il vient de déclarer: "Le président et moi nous savons où nous allons et nous marchons main dans la main!" . Je vous le dis, c'est le grand amour entre les deux têtes de l'exécutif.
Et pourquoi pas, bras dessus, bras dessous en chantant: " Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés..."
Une actualité brûlante m'oblige à interrompre momentanément la pause...
Nous nous souviendrons longtemps de ce lundi de Pâques. Les téléscripteurs se sont mis à crépiter de bonne heure ce matin. Les salles de rédaction bourdonnent comme des ruches. Dans les rues se forment déjà des attroupements et les visages sont comme frappés de stupeur. Certaines personnes expriment une peine sincère. Même les plus coriaces adversaires y vont d'une larmichette de compassion.
Nous savions que la situation était grave, voire quasi désespérée, mais personne n'eût imaginé que le dénouement fût si proche.
François Hollande vient de remettre sa démission. Il en expliquera les raisons ce soir sur France2 en compagnie du journaliste David Pujadas qui, brisé par le chagrin, sera sans doute incapable de prononcer le moindre mot.
Conformément à la Constitution, le président du Sénat assurera l'interim jusqu'aux nouvelles élections, présidentielle et législatives, qui auront lieu courant juin.
La boîte à outils de l'ex-président sera exposée au Louvre pour une durée indéterminée.
J'ai oublié un détail concernant les caleçons. Comme j'aime bien Bécaud, j'ai choisi la couleur de ses cravates: bleu-marine à pois blanc. Normalement, je devrais faire des ravages chez les dames de mon âge. Ben oui, je ne suis pas cinglé au point d'imaginer que je puisse intéresser des jeunettes...Je ne suis pas Johnny...